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sept
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Tim Cook et Steve Jobs
La news n’est plus très fraiche à l’échelle de l’internet, mais je me devais d’en parler.

Steve Jobs a démissionné du poste de PDG d’Apple le 24 Août dernier pour laisser sa place à Tim Cook. Immédiatement tous les médias se sont demandés ce qu’allait devenir Apple sans son Amiral le plus charismatique. L’action en bourse perd 6% mais elle est déjà remontée plus haut qu’elle n’était. Les regards sont maintenant tournés vers le nouveau patron avec des articles plus ou moins charmant qui n’ont parfois rien à voir avec Apple — vous voyez de quels articles je parle — mais la plupart souhaite bonne chance à l’homme qui n’est pas sans rappeler iPapy sur certains points.

L'action AAPL au mois d'Août

Croire qu’Apple ne va pas tenir la distance car Steve est (presque) parti est compréhensible vu comme était Apple en 97 quand il y est revenu. Mais c’est mal comprendre ce qu’est Apple aujourd’hui et ce qui la différencie de l’Apple de 97.

Apple est depuis toujours une certaine vision de l’informatique personnelle. Une vision initiée par les deux Steve en 77 :

L’informatique personnelle peut changer le monde en étant accessible et simple pour tous.

Et nous sommes loin d’y être arrivé ! Nous nous embarrassons toujours de drivers (nécessaires mais l’utilisateur n’en a que faire), de sauvegardes plus ou moins fiables, d’échange de fichiers infernaux (allez transférer un film de plus de 4Go entre Mac OS et Windows ou Linux… Et c’est de plus en plus courant) et j’en passe.

Cette vision fut donc dès le début partagée par au moins deux hommes. Et elle est actuellement la raison d’être d’Apple à travers ses plus hauts employés, et non seul Steve Jobs, contrairement à 1997 où l’argent était la motivation des dirigeants de la firme Pommée, à tous les sens du terme.

Comment, sans Steve, Apple va-t-elle pouvoir continuer d’innover me direz vous, Steve étant un visionnaire en termes de produits et non seulement en idéologie.
D’une manière toute simple : tout est déjà prêt !

Si la société en est au point où elle en est aujourd’hui c’est suite à un travail acharné depuis 14 ans.

Petit historique :

En 97 lorsque Steve Jobs revient à la tête d’Apple, il remplace une gamme de produits trop confuse par une ligne simple de 4 produits que sont l’iMac en 98, le PowerMac G3 Bleu et l’iBook en 99 et plus loin, le PowerBook G4 Titanium en 2001 (les G3 de 98 à 2001 n’étant pas sur le devant de la scène).

En termes marketing les 4 produits furent présentés de la manière suivante : La machine de bureau et de communication ultime (Plug it to the wall, plug it to the internet and voilà), la tour la plus puissante du monde (The fastest computer money can buy), l’ordinateur personnel à avoir partout avec soi (iMac to Go) et la machine de travail portative (This machine really has the Power and the Sex).

Ces considérations n’ont toujours pas bougées en 2011 et les machines sont toujours aussi simples.

Pour servir le matériel il a fallu un logiciel à la hauteur, en trois termes : Simple, Puissant, Sexy. Mac OS X fut annoncé en 98 et présenté en 2000 sous sa version server pour une commercialisation en 2001 en client. Le système fut pensé pour être orienté réseau, économe en énergie et capable de gérer toute la puissance qui lui est donné de manière optimale. Ça c’est pour la puissance. La simplicité venant d’Aqua l’interface graphique. Et le sexy étant la combinaison du matériel et du logiciel qui sont “Lickable” comme dirait Steve.

Publicité pour l'iBook de 99

En 2001 une vision produit va de paire avec Mac OS X : Le Digital Hub : faire que son ordinateur soit le centre de tous nos contenus numériques, photos, vidéos, musique, contacts, calendriers… Et cette vision devait occuper Apple 10 ans tout comme Mac OS X et c’est ce qui est arrivé. Tout produit non ordinateur présenté dès lors entrait dans cette stratégie avec en premier lieu l’iPod (musique) et iTunes, puis iLife, l’AppleTV en 2006 (vidéos) et l’iPhone en 2007 (photos puis vidéos, contacts, calendrier).

Il n’y a qu’un produit qui dérange cette notion de digital hub : l’iPad. C’est un hybride. À la fois périphérique à par entière du digital hub se synchronisant comme un iPod ou un iPhone, il est vu par beaucoup comme un remplacement de l’ordinateur. Mais il ne peut être à la fois périphérique et remplacer le Hub.

Permettez moi de faire un calcul simple : 2001 + 10 ?

Oui, 2011. Mac OS X et le Digital Hub sont en fin de vie. Pour preuve le roi des animaux donne son nom à la dernière mouture de Mac OS X qui d’ailleurs est juste devenue OS X. L’iPad est le premier périphérique que l’on synchronise peu. L’AppleTV de seconde génération n’a plus besoin d’ordinateur. et avec iOS l’iPhone deviendra “PC Free” lui aussi !

Pire encore ! Le Mac est devenu un périphérique ! iCloud est le nouveau Hub. Jeu de la grosse différence entre ces deux images.
2001 - Le Digital Hub2011 - iCloud

Indice, ce n’est pas la corpulence de Steve mais ce qui occupe le plus de place dans la slide.

Du coup on est reparti pour 10 ans. Avec du matériel simple et sexy, et un OS puissant, sur-connecté et autonome (Ya de l’écho ici ou on est dans un boucle temporelle ?). Et je dis bien UN OS. Car il ne fait presque plus de doute que iOS et OS X ne feront plus qu’un et peut être même avec le système dans le Cloud ! (Steve en a parlé en 2001 déjà). L’interface utilisateur changeant en fonction du périphérique installé. (Bon c’est pas pour demain mais les indices sont là !)

Donc que ce soit Steve ou Tim aux commandes, la direction est toute tracée pour Apple pour les 10 ans à venir. Sachant que les produits des 5 prochaines années sont en déjà en tests. Puisque l’iPad de 2010 fut commencé en 2004. L’iPhone et iOS en 2006 pour sortie en 2007. Le MacBook Air actuel est l’évolution de celui de 2008 qui fut pensé vers 2006 à priori pour l’unibody.

Dernière chose concernant le système, en 2007 Apple avait 5 architectures à supporter : PPC (PowerBook), PPC 64 (PowerMac G5), Intel (MacBook Core Solo et Duo), Intel 64 (Core 2Duo) et ARM (iPhone). En 2008 avec le rachat de PA SEMI, ils sont à la tête d’une société ayant un processeur Dual Core en ARM 64 à 2GHz. Donc aujourd’hui Apple à dans ses cartons un OS pour Intel 32 et 64 (poussant au 64) et ARM 32 et 64. Et le noyaux compilé ARM n’est toujours pas Open Source… Le deviendra-t-il une fois les Macs en ARM ?

Avec tout cela je ne suis pas inquiet à moyen terme pour Apple et souhaite à Tim Cook tout le meilleur du monde (Et que quelqu’un lui tende la main) et je continuerai à acheter du Apple tant que leur vision me correspond, soit selon toute vraisemblance pour les 10 prochaines années puisque Tim est en contrat tout ce temps là.

Bisous à la personne qui m’a prêté sa Boule de Cristal Pomme Divinatoire.

Steve Magic Wozniac

Crédits photos inconnus

1 commentaire sur "J’achète du Apple, pas du Steve Jobs"

[...] Comment, sans Steve, Apple va-t-elle pouvoir continuer d’innover me direz vous, Steve étant un visionnaire en termes de produits et non seulement en idéologie. D’une manière toute simple : tout est déjà prêt ! Fabien dans son article [...]

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